dimanche 17 mai 2009

Rôle d'une photo

Une question fondamentale à se poser lorsque l'on fait de la photographie, c'est quel sera le rôle des photos que je vais faire?

Généralement, les photos sont utilisées comme souvenir. On prend plaisir à revoir les images du petit dernier faisant ses premiers pas maladroit à l'occasion de l'anniversaire de ses vingt ans : "J'ai l'impression que c'était hier, comme le temps passe vite!".
Mais pour un photographe, ceci ne s'applique pas forcément. Les photos que l'on fait lors d'un concert ne le sont pas à l'usage des artistes lorsque leur carrière sera derrière eux, et elles sont d'ailleurs principalement destinées à des personnes qui n'étaient même pas présente lors dudit concert.
Alors quel rôle doit jouer les photographies que l'on fait?

À cette question, chacun doit apporter sa réponse. La mienne est la suivante: Une photographie doit communiquer ou du moins susciter une émotion chez celui qui la regarde.

Avec cette ligne directrice dans mon approche artistique, j'exclus automatiquement de mon domaine la photographie de carte postale, domaine qui bénéficie d'ailleurs généralement de peu de considération de la part des photographes.
La raison pour laquelle j'ai choisi la photographie de spectacle est assez simple. J'ai tout d'abord un net penchant pour la capture sur le vif des événements, des personnes et des expressions. Ensuite, mes autres activités extra-professionnelles me fournissent beaucoup d'occasions de photographier du théâtre et des concert. Étant moi-même improvisateur de théâtre amateur, j'ai de nombreuses opportunités de photographier lors des spectacles que nous organisons, mais également lors de ceux que présentent les autres ligues d'improvisation de Toulouse.

Les photographies, celle que je fais tout du moins, devant communiquer une émotion, il est cependant nécessaire dans le domaine du spectacle que cette émotion corresponde à celle qu'ont ressenti les personnes qui étaient présentent lorsque le cliché a été pris. On n'utilisera pas les mêmes techniques de photo pour un match d'improvisation et un concert de punk. On devra parfois aussi tenir compte de l'image que souhaite renvoyer le sujet. Un groupe peut avoir une image largement basée sur son chanteur et leader, cela donnera alors une impression bizarre de faire et de publier des images dans lesquelles le batteur sera mis en valeur et seul sur un cliché.

Un intérêt particulier des spectacles d'improvisation est la rapidité avec laquelle on passe d'une ambiance à une autre. En photographie de concert, j'ai pris l'habitude de me renseigner sur le groupe que je vais photographie, d'écouter leur musique pour m'imprégner de leur style et d'observer les spectateurs avant de faire la première photo. Lorsque c'est possible, j'attends même une ou deux chanson avant de shooter, afin d'être dans l'ambiance pour pouvoir la transmettre sur les clichés.
L'improvisation théâtrale est très différente. Tout d'abord on peut passer du rire au larme en quelques minutes. Ensuite, par définition, ce que font les comédiens est tout à fait imprévisible. Ceci demande une grande réactivité de ma part, mais le fait de pratiquer moi-même me permet de penser comme eux et d'anticiper parfois correctement ce qu'ils font.

Voici trois exemples de photos que j'ai prises lors d'un match (spectacle) le 18 avril 2009 au centre culturel Lalande à Toulouse. Ma ligue (la Brique) rencontrait la LUDI de l'université Paul Sabatier.


IMG_2905, première mise en ligne par Ekhinos.


Ce qui a attiré mon attention lorsque j'ai pris cette photo, c'est le regard à la fois bienveillant et attentif de l'assesseur (terme propre à cette discipline désignant l'assistant arbitre). On imagine (il me semble) en voyant ce cliché, les pensées qui peuvent être celles de cet assesseur à ce moment de l'improvisation.


IMG_2852, première mise en ligne par Ekhinos.


Pour être franc, la saisie de l'expression du visage de ce joueur rouge qui se fait malmené est tout à fait fortuite. À ce moment, et comme toujours ou presque lors de ces spectacles, je shootait en motorisation rafale. Voyant qu'une action rapide se produisait, j'ai seulement attardé un un peu mon doigt sur le déclencheur (en ayant toutefois pris soin d'avoir la mise au point sur la joueuse au centre de l'image).
J'aime beaucoup ce cliché car l'expression du joueur de gauche me fais penser à un personnage de bande dessiné.



IMG_2724, première mise en ligne par Ekhinos.


Un autre exemple de bonne surprise que l'on a lorsqu'on développe des photos prises en mode rafale. Pour ce cliché, je me demande même comment cela se fait que cette joueuse soit nette. Je travaillait en autofocus One Shot et comme j'avais fait la mise au point quelque dixièmes de secondes plus tôt, elle aurait dû sortie de la zone très limité de champ net.
Ceci fait aussi parti de la photographie, les plus beaux clichés sont parfois ceux que l'on a fait dans les conditions les moins maîtrisées.

dimanche 19 avril 2009

Adobe Lightroom 2

Photographiant au format RAW pour avoir le maximum de possibilités de retouche en post production, j'utilise depuis que j'ai mon réflex numérique le logiciel de classement, développement et impression d'images d'Adobe : Lightroom2.
J'ai un peu honte de l'admettre, mais j'ai mis quelque temps avant de me rendre compte qu'il fallait passer de "Library" à "Develop" pour obtenir tous les réglages pré édition jpeg. Une fois que j'ai compris ça, j'ai pu gagner beaucoup en rendu car le traitement effectué était beaucoup plus poussé.

Parallèlement à ça, pour une raison dont je ne me souviens plus, j'ai essayé de calibrer mon moniteur avec Adobe Gamma. Grosse erreur! Ce logiciel est fait pour compenser la non linéarité de la réponse des écrans CRT (tube cathodique), donc il est totalement inadapté à un LCD. J'ai ainsi foutu en l'air le réglage couleur de mon écran, que j'ai finalement réussi à rétablir en allant dans les propriétés de l'affichage Windows (clique droit sur le bureau), puis dans l'onglet Paramètres->Avancés puis dans l'onglet gestion des couleurs. Parmi les deux choix proposés, il y avait le profil pourri que j'avais fait manuellement, et un second avec le nom du modèle de mon écran. Les LCD ont beau être hors du domaine d'Adobe Gamma, lorsqu'on les installe ils fournissent un profil pour ce dernier qui permet d'avoir le bon rendu de couleurs. Contrairement à ce que l'on pense, ce n'est pas dans ce panneau que j'ai pu restaurer le profil, mais en retournant dans Adobe Gamma puis en modifiant le profil pour un déjà enregistré. Parmi tous les profils sauvegardés, deux portaient comme nom la référence de mon écran. Le premier n'a pas pu être chargé, j'ai donc pris le second. Suite à cela, les photos que j'avais récemment développées on repris leur apparence normale à l'écran, ouf!

mercredi 15 avril 2009

Marin d'eau douce

Cette soirée était un spectacle d'improvisation dans un bar-restaurant-spectacle. C'était pour moi la première occasion d'essayer mon 70-200mm avec un pied. Je me suis en effet très vite rendu compte à l'usage que photographier en dessous du 80ème appareil au poing était totalement illusoire avec cet objectif.
Fort de l'expérience de sessions de photo au grand angle (un concert et un match d'impro), j'ai donc bien choisi ma position dans la salle (tout en m'excusant auprès des spectateurs se retrouvant derrière moi), et préparé mon appareil.

Première différence notable : je n'hésite plus à revoir les photos même quelques secondes après les avoir prises pour vérifier l'exposition (si, bien sûr, l'action en cours sur scène le permet). Grâce à cela, j'ai vite laissé le mode Av pouce/index pour le mode Manuel index/majeur. Au fil de la soirée, et grâce à de nombreuses relectures des photos, j'arrivais même à estimer moi-même l'exposition. Allant du 15ème lors des close-up, au 50ème lors des plans larges dans la partie la mieux éclairée de la scène. Avec cette méthode, on a certes une phase d'apprentissage de quelques dizaines de minutes en début de soirée, mais on n'a pas besoin de faire des mémorisations d'exposition en plus des mémorisations de mise au point. Ceci permet de gagner un temps précieux qui pourra nous permettre de ne pas rater une belle expression sur un visage.

Pour ce qui est des réglages, j'ai opté pour :
- 1600ISO
- Motorisation rafale
- AF One Shot
- RAW
- Collimateur AF unique en plein centre
- Ouverture F2.8
- Vitesse d'obturation sélectionnée en live avec la molette lors des shoots

Dernier point que j'ai également essayé pour la première fois : la balance des blancs manuelle. Comme l'éclairage n'a pas changé de toute la soirée, j'en ai profité pour faire la photo d'une feuille blanche à la fin de la soirée afin de l'utiliser comme référence pour Lightroom.
Petite remarque enfin : il faut que je pense à investir dans une nouvelle carte mémoire. Celle de 4Go est trop petite pour trois fois trente minutes de spectacle. J'ai été obligé de faire une sélection lors des pauses pour ne pas me retrouver avec 69 photos restantes au début du troisième tiers temps.

Suite au développement, je me suis rendu compte de quelques améliorations à apporter.
Tout d'abord, impossible de shooter au 40ème de seconde pour de l'improvisation, les mouvements sont trop rapides et toutes les photos sont floues à cette vitesse. Il semble alors clair que la sensibilité devient primordiale dans ce cas. Malheureusement, le cran au dessus dans la gamme Canon est le 50D, il a un beau 1600ISO et une qualité acceptable à 3200.
Seule petite exception à ce problème de bougé : ce cliché que j'ai fait lors de cette séance. J'aime vraiment capter les regards sur les visages!


IMG_2237-25, première mise en ligne par Ekhinos.

Autre remarque faite lors du développement : absolument faire la balance des blancs manuelle sur place. On peut toujours corriger après coup sous Lighroom les fichier RAW, mais seulement dans une certaine mesure. Lors de ce spectacle, l'éclairage était vraiment orange, ce qui une fois compensé donne des grains de bleu dans les à plat de noir, à 10Mp c'est très laid.

Suite à cette troisième expérience de shoot, je me pose la question de l'utilisation d'une focale fixe. Il est vrai que ça ne doit pas être trop handicapant de photographier en focale fixe, du moment qu'on a bien choisi son emplacement dans la salle. Certes on ne pourra pas faire avec le même boîtier des portraits et des plans larges, mais on ne passera pas son temps à pester parce qu'on arrive pas à obtenir le cadre que l'on souhaiterai. Petit bémol cependant, la profondeur de champ est déjà très faible à f2.8, alors je me demande ce que ça peut donner à f1.4.

Pour conclure, voici ma photo préférée de la soirée. Ce sont les joueurs lors de la phase de réflexion de 20 secondes qui précède l'improvisation. Ce que j'aime sur ce cliché c'est l'intensité et l'émotion que suscitent les regards. De toute évidence, c'est cette joueuse à gauche de l'image qui entrera en premier lors de la prochaine improvisation.


IMG_2317-32, première mise en ligne par Ekhinos.