dimanche 9 août 2009

Atelier Photo (post 1)

Suite à la demande d'une amie, j'ai organisé deux ateliers de photographie pour un groupe d'amis. Ils voulaient savoir comment mieux exploiter leur appareil photo pour en tirer le meilleur parti. Comme je n'avais en tête que les grandes lignes, je me suis documenté pour préparer ces ateliers. J'ai ainsi réuni énormément d'informations grâce à internet. Voici donc dans ce post et les suivant ces informations et explications, ainsi que certains éléments issus de ma propre sensibilité artistique et expérience.

Objectif de cet atelier:
L'objectif de cet atelier est d'apprendre à composer une belle image. Il pourrait se faire avec une toile et un pinceau, mais la fin de celui-ci traite des particularités du processus physique de capture des images sur une surface sensible, ce que cela permet en plus de l'oeil humain ainsi que des contraintes qui vont avec.

La première partie de cet atelier va traiter de l'approche artistique de la composition d'une image, avec l'évocation des règles académiques, et des commentaires de photos issues de Flickr.
L'image n'est qu'une représentation de la réalité, comment faire en sorte qu'en couchant cette représentation dans un plan à l'intérieur d'un rectangle on obtienne quelque chose de beau et d'harmonieux.

La seconde partie va introduire les particularités qu'apporte la photographie du point de vue technique, comme la profondeur de champ, ou la dynamique limité de la luminosité (par rapport à l'oeil humain).

La troisième partie va décrire les aspects techniques de l'utilisation de l'appareil photo, les fameux "réglages". Il exclura volontairement tous les outils utilisables autour de l'appareil lui-même, comme l'éclairage artificiel, les réflecteurs, les cellules, les filtres, les logiciels de traitement type Photoshop. Il serai totalement impossible de parler de tout cela dans un simple post de blog.

Si vous ne savez pas à quoi servent tous les réglages de votre appareil photo, où si vous ne comprenez pas pourquoi les photos que vous faites sont moins belles que celles des posters des magasins de décoration, alors cet atelier et fait pour vous.


Partie 1 : Approche artistique sans l'appareil photo (lien)
Source : Absolut Photo

Produire une image à partir de la réalité consiste à enfermer dans un cadre un élément de notre champ de vision à 180°, et pour le choix de ce cadre, de nombreuses possibilités s'offrent à nous, et chacune possède les règles académiques que voici.

Horizontal ou vertical (lien)Lorsque l'on ne fait pas de photo sur un format carré comme le 6x6cm argentique, il faut faire ce choix.

Horizontal : un cadrage horizontal donne une impression de calme, de profondeur et de distance.

Almost Heaven, première mise en ligne par [eman].
Vertical : un cadrage vertical donne une impression d'action et de proximité. De plus, un cadrage vertical est plus chaleureux qu'un cadrage horizontal.

The strange light of some days ago, première mise en ligne par martega.

Le point de vue (lien)
Le point de vu est la position spatiale de l'observateur par rapport au sujet de l'image. D'une manière générale trois options s'offre à nous:

Hauteur d'oeil : Le point de vu est à la même hauteur que le sujet. C'est la solution la plus neutre et la plus classique.

Thx again!, première mise en ligne par Timo Soasepp.
Plongée : Un tel cadrage donne une certaine impression de solitude et de détresse.

, première mise en ligne par Ian Wedlock.
Contre plongée : Un tel cadrage donne une certaine impression de puissance et de domination du sujet.

, première mise en ligne par Lá caitlin.


La taille des plans (lien)
Voici les différentes tailles de plan habituellement utilisés et possédant donc un nom:

Le plan général
Il sert à montrer l'environnement du sujet. Comme on peut le voir, cela donne l'impression qu'il est tout petit et perdu au milieu de cet environnement.


Stroll, première mise en ligne par harry.1967.

Le plan d'ensemble
Le sujet est ici plus facile à identifier, mais son importance vis-à-vis du reste de son environnement est encore inférieure, même si il peut être le premier endroit où le regard se porte.


Just one kiss will make it better, première mise en ligne par alfredo lietor.

Le plan moyen
Le sujet est ici visible en entier et occupe pratiquement toute la hauteur de l'image.
Bien noter ici que l'on voit le sujet en entier, ce qui signifie que si c'est une personne, on aura choisi d'accorder plus d'importance à son aspect physique général qu'à l'expression de son visage.


, première mise en ligne par Brooke Pennington.

Le plan américain
Il sert d'intermédiaire lorsque les rendus des plans moyen et rapproché ne conviennent pas.

Contrairement aux précédents, ce cadrage est généralement plus intéressant en vertical.

Emma Watts, première mise en ligne par p ibbetson.


Mais pas toujours

J, première mise en ligne par Phil Winterbourne.

Le plan rapproché
Il existe avec des variantes Taille et Poitrine en fonction de l'importance que l'on souhaite accorder au visage.
Contrairement au gros plan, celui-ci permet de montrer plus que le visage, pour le mettre en valeur généralement.


CrimewavE, première mise en ligne par Vania Biskupovic ..

Le gros plan
Utilisé lorsque l'expression ou l'aspect du visage est le seul élément que l'on veut montrer. C'est le plan utilisé pour faire les photos d'identité. Dans ce type de plan, l'élément prépondérant sont généralement les yeux, donc il sont souvent mis en valeur, notamment par un éclairage soigné.


True Color, première mise en ligne par Lucía Gómez Graña.

Le très gros plan
Utilisé lorsque c'est une petite partie du sujet qui est intéressante, et non le visage ou la personne tout entière.
Ce type de photo relève de la macro (terme technique désignant la mise au point à faible distance).



La règle des tiers (Lien)
Très souvent, et parfois à défaut de trouver une autre harmonie, la règle des tiers est utilisée pour la composition.
Elle consiste à placer sur des lignes et des points forts les éléments de l'image à mettre en valeur, voici ces lignes et ces points:




Sur ce cliché, le sujet se trouve sur la ligne verticale du tiers gauche de l'image, et sa tête sur le point fort supérieur gauche. Ces proportions sont bien sûr généralement approximatives.
202/365 - make you wanna say, damn, première mise en ligne par jill willcott.













Sur ce cliché, l'immeuble et le ciel occupent environ un des tiers, et le reste est réservé à la ville. Ces proportions sont bien sûr généralement approximatives.
vom maintower in richtung ost, première mise en ligne par picture.element_3&20.
















Ici ce sont les feux d'artifices qui ont été décentrés pour être sur la ligne verticale du tiers gauche.
Flugeldasýningin á Þjóðhátíð, première mise en ligne par Konný (lubbakonsa).



















Cependant, une photo peut tout aussi bien être harmonieuse sans pour autant coller à cette règle des tiers et des points forts.
, première mise en ligne par EDEN PHOTOGRAPHY.


















lundi 1 juin 2009

Montures EF-S, pourquoi?

Vous vous êtes peut-être demandé pourquoi Canon avait créé la monture EF-S, incompatible avec la monture EF pourtant unique monture de Canon depuis 1987.

Si la raison d'être de cette monture vous intéresse, j'ai trouvé la réponse à cette question en lisant cette page.

Pour commencer, il faut savoir que depuis 1905 et l'idée d'Oskar Barnak d'utiliser le film de cinéma 35mm pour le premier appareil photo Leica, les photographes du monde entier capturent les images sur une surface sensible de 24mm par 36mm. En 1996, le grand public a pu découvrir le format APS de Kodak, faisant 16,7 par 30,2mm, mais les professionnels et les amateurs expérimentés ne l'ont pas adopté. Les appareils proposés étaient résolument orientés grand public, et les pellicules réversibles n'existaient pas dans ce format.

Puis sont arrivés progressivement, et en même temps (pour le malheur de Kodak), les premiers appareils photo numériques accessibles au grand public. Très loin de la qualité argentique en 1994, leur qualité s'est progressivement améliorée jusqu'au Canon EOS 300D, considéré comme le premier réflex numérique grand public.

C'est l'idée directrice derrière cet appareil qui est à l'origine de la monture EF-S. Avant le 300D, tous les réflex numériques étaient équipés de capteurs CCD de format 36mm. Avec le 300D, Canon opte pour une nouvelle technologie qui vient de se perfectionner suffisamment et permet de réduire le coût du capteur tout en conservant une qualité satisfaisante.
Avec les capteurs CMOS, les pixels de l'image sont plus petits (en 2005, la finesse de gravure des capteur CMOS atteint 0.15µm) sans pour autant perdre en sensibilité. Le capteur peut ainsi être plus petit et l'optique utilisée a donc un champ moins grand à couvrir. Depuis Gauss, on sait que plus l'angle d'incidence d'un rayon lumineux est grand, plus une lentille présente de défauts. Par conséquent, si les capteurs sont plus petits, la qualité demandée à l'optique sera moins grande pour obtenir un même rendu d'image. Ainsi, afin que l'économie réalisée sur les capteurs se répercute sur les objectifs, Canon lance les montures EF-S. Ces optiques ont les mêmes qualités que les montures EF, mais à l'intérieur d'un angle de couverture plus petit. De 36mm de coté, le capteur CMOS qui équipe le 300D fait passer la taille de l'imageur à 22,7 x 15,1 mm, ce qui limite d'autant l'angle maximum auquel on souhaite avoir une image parfaite reproduite par l'optique.

Ainsi, la différence de prix entre un EF et un EF-S équivalent se fait sentir : 1000 euros pour un EF-S 17-55mm f2.8 neuf, contre 1600 euros pour un EF 16-35mm f2.8 (et qui plus est sans stabilisateur d'image).
Comme on pourrait s'y attendre, la différence de couverture angulaire entre ces deux objectifs se voit clairement lorsqu'on utilise un tube d'extension 12mm pour monter un EF-S sur un boîtier avec un capteur 35mm, on obtient l'image suivante:
Le rectangle au centre représente la taille du capteur APS-C des appareils équipés de monture EF-S. On voit bien que ce capteur tient aisément dans la zone blanche non vignettée de l'objectif. En revanche, l'image complète représentant le capteur 24x36mm, on comprend alors à quel point la qualité de ces objectifs est limitée en terme d'angle maximum des rayons sortant du coté du foyer image.

vendredi 22 mai 2009

Focale fixe ou 50D?

Chaque domaine de la photographie requiert un équipement spécifique. Le première question à se poser lorsqu'on se met à la photographie c'est : Quels types de photos je souhaite faire?
Pas question de répondre "un peu de tout", et encore moins d'écouter le conseil d'un vendeur spécialisé qui vous propose du matériel suite à une telle réponse, car dans ce cas il essaye tout simplement de vous refiler son stock pour atteindre ses objectifs.

Quelques exemples simples pour mieux comprendre le problème.
Si vous faites des photos de mariage, vous aurez à photographier en plein soleil (enfin, espérons :-), donc vous aurez besoin de compenser les contre-jours, et un flash externe puissant sera indispensable.
Si vous êtes photographe pour des soirées en discothèques, vous aurez besoin de pouvoir faire la mise au point dans une obscurité presque totale, donc un appareil de type bridge avec télémètre laser sera particulièrement indiqué.
Si vous faites de la photo animalière, lors de randonnées en montagne par exemple, vous aurez besoin d'une longue, voir d'une très longue focale.
Si vous faites de la photo de studio, il sera indispensable que vous disposiez de plusieurs sources lumineuses, fixe ou de type éclair.
Si vous n'utilisez votre appareil qu'en vacances pour des trekkings en Egypte ou au Chili, il vous faudra du matériel polyvalent et léger. Un zoom dit "de voyage" sera alors parfait. D'une focale allant de 17 à 200mm il permettra de faire des panoramiques comme de capter un animal au loin.
Et puis si vous ne voulez pas vous préoccuper de réglages et autres paramètres de prise de vue, que vous voulez que votre appareil vous suive absolument partout et permette même, à l'occasion, de faire des vidéos, alors vous n'aurez même pas besoin d'un réflex, un bridge ou un compact sera certainement plus adapté.

Tous ces exemples montrent à quel point il est facile de se tromper dans le choix de son matériel photo. Il faut aussi accepter qu'on ne pourra jamais tout avoir. Si vous partez en vacances avec un compact 6 megapixels et que vous vous retrouvez avec un dingue de photo qui a un réflex et trois objectifs, il est certains que vos photos seront moins belles. En revanche, les quelques dizaines de grammes de votre appareil ne vous gêneront jamais, alors que le photophile aura toujours deux à trois kilos de matériel sur son dos.

Bien au fait de ce problème, je me pose depuis l'acquisition de mon appareil la question suivante : Pour mon usage, est-ce qu'il vaut mieux que j'essaye d'améliorer le sensibilité (changer de boîtier), ou l'ouverture de mon appareil photo?
En effet, si je veux améliorer la qualité de mes photos, il est nécessaire que je puisse photographier à plus grande vitesse et avec moins de grain. Je ne peux augmenter la vitesse que si j'augmente l'ouverture numérique de l'objectif, ou si j'augmente la sensibilité du capteur.

Dans le premier cas, cela signifie une ouverture supérieure à f2.8, et ceci n'est possible que sur les objectifs à focale fixe. De plus, les focales fixes ouvrant à plus de f2.8 ont au maximum une focale de 80mm.

Dans le second cas, cela signifie un changement de boîtier. Donc la revente de mon 400D pour un modèle de la gamme au dessus, comme le 50D.
Comme on peut le voir sur ce test du Canon l'EOS 50D, le grain est encore beau à 1600ISO, et acceptable à 3200ISO, au moins autant que l'ISO1600 du 400D.
Même si on regarde au niveau du top de la gamme Canon, l'EOS 1D Mark III réputé le plus sensible des Canon, il ne possède pas de 3200ISO justifiant son facteur tarifaire de 3,5 par rapport au 50D.

Après quelques expériences en spectacle, je pense aujourd'hui pouvoir répondre à cette question. La solution la plus adaptée à mon usage est le passage sur l'EOS 50D, voici pourquoi.
De toutes les photos que j'ai faites, mes préférées (celles présentées sur ce blog), ont toutes été faites sauf une à une focale supérieure à 80mm (vous pourrez le constater sous Flickr en examinant les détails des clichés). J'aime trop l'expression des visages pour me satisfaire des courtes focales! En plus de cela, la profondeur de champ à f2.8 est très limitée, donc une ouverture double me fait un peu peur en ce qui concerne la liberté qu'elle laisse au photographe.

Pour l'anecdote, je me suis aussi posé la question de la stabilisation du téléobjectif. Le mien ne l'étant pas, je me suis demandé si le Canon 70-200 f2.8 n'aurait pas été plus adapté. Là aussi j'ai trouvé la réponse. C'est non.
La stabilisation à ces focales, d'après ce que l'on peut lire sur les forums de photo, ne fait gagner que 3 vitesses, soit 3dB ou un facteur 2 si vous préférez. Aussi, comme par expérience je sais que la vitesse limite d'utilisation de mon 70-200 est de 1/80s, la stabilisation m'amènerait à 1/40s. Malheureusement, il est fréquent en spectacle de devoir descendre au dessous de cette vitesse, lorsqu'un comédien est dans une zone peu éclairée de la scène. De plus, ces zooms faisant 1,5kg, je me demande comment mon bras gauche terminerait les 2h de spectacle si je n'avais pas un pied pour me reposer.

Dernier mot au sujet du pied que j'utilise, car c'est un point à ne pas négliger. Pour être suffisamment réactif en photo de spectacle, il est indispensable que le pied suive parfaitement et immédiatement les mouvements que l'on imprime au téléobjectif. Pas question de devoir débloquer une rotule, il faut un mouvement sur deux axes aussi fluide qu'avec un pied vidéo.
Il y a quelques années, Manfrotto, fabriquant italien de pieds en tout genre, proposait ce type de produit pour la photo, mais il se fait de plus en plus rare de nos jours. Les rotules ayant remplacé les axes 3D sur pratiquement toute la gamme, il n'y a guère que le 7301YB qui puisse convenir. Après il faut aller voir du coté des pieds vidéo.
Pour ma part, j'ai récupéré un vieux trépied Manfrotto 290D avec un rotule 128LP. Il est stable, robuste et d'un grande fluidité.